Matières premières certifiées: vraiment écologiques ?

Temps de lecture : 5 minutes

Coucou mes lecteurs, ravie de vous retrouver ! 🙂 Comme je vous l’ai dit dans mon article précédent, j’aime fabriquer beaucoup de choses moi-même, et j’ai une sensibilité à mon impact sur l’environnement dans tous les aspects de ma vie : j’ai commencé à faire mes produits ménager, je cuisine beaucoup, exit les produits ultra-transformés chez nous ou du moins, nous essayons de les limiter au maximum. En me renseignant un peu, j’ai découvert que l’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante. Comment faire pour fabriquer des lingettes ou des serviettes lavables écologiques en sachant l’impact qu’à l’achat du tissu nécessaire pour les fabriquer ?

C’est un non-sens qui m’a fait réfléchir. Je me suis d’abord confrontée à la difficulté de savoir la provenance, la composition et les procédés de fabrication des tissus que j’achetais. Alors, oui, j’utilise aussi des tissus à bas prix vendus dans les grandes enseignes de vente de tissus, mais j’essaie, autant que faire se peut, de me renseigner et d’effectuer des achats plus raisonnés. J’espère beaucoup qu’une vraie traçabilité des matériaux utilisés dans le secteur textile sera trouvée un jour. De cette façon, nous pourrons utiliser des matériaux écologiques pour fabriquer nos réalisations.

Vous avez dit “Upcycling” ?

J’essaie également de recycler des produits de seconde main trouvés en vide-grenier, en friperie ou alors d’acheter des matières premières artisanales certes plus chères mais dont on connaît la provenance et les traitements qu’ils ont subi. D’ailleurs cette année, pour nous, sous le sapin, c’était des emballages furoshiki avec du tissu acheté dans un vide-grenier. C’était top, le succès a été au rendez-vous !
Si vous avez des bons plans pour trouver des tissus à moindre impact écologique, envoyez-moi un petit message et hop je partagerais ! 😀

Vide grenier à la recherche de tissus écologiques (seconde main)

Quand j’ai commencé à faire mes premiers achats de tissus en boutique, j’ai très vite entendu parler de certifications dites “écologiques”.

Qu’est ce qu’une certification ?

La certification est une procédure destinée à faire valider par un organisme indépendant le respect du cahier des charges d’une organisation par une entreprise.

J’ai voulu vous faire un petit focus sur les certifications et sur ce que j’en ai compris.

J’ai fait des recherches sur deux certifications que je vois le plus sur les produits que j’achète : Oeko-Tex et GOTS. Il en existe beaucoup d’autres et je ne manquerais pas de vous en parler plus longuement dans un autre article.

Oeko-Tex

Oeko-Tex, tout d’abord, est le premier label visant à garantir les qualités humano-écologiques des textiles. C’est l’Institut autrichien de recherche textile (ÖTI) et l’institut allemand de recherche Hohenstein qui ont élaboré collectivement l’Oeko-Tex Standard 100 en 1992.

Cette certification garantit des textiles ne contenant pas de produits toxiques pour l’Homme et pour l’environnement, c’est-à-dire des produits ne présentant logiquement aucun risque pour la santé humaine. Il faut toutefois nuancer car cette certification se base uniquement sur le produit fini. Cela signifie qu’aucune étape de production n’est prise en compte. Elle ne garantit pas que les matières premières soient biologiques, ni que des produits chimiques ne soient pas utilisés durant la production, et ne prend pas en compte le recyclage des déchets produits pendant la fabrication.

Il m’est arrivé d’acheter par exemple de l’éponge de bambou certifiée Oeko-Tex. La culture du bambou est peu gourmande en eau et en produits phytosanitaires. Donc cela me semblait intéressant de travailler ce produit dans des lingettes lavables, des bavoirs ou même des serviettes hygiéniques lavables. Mais en faisant quelques recherches, je me suis aperçue que la plupart des fibres de bambou utilisées dans la production de tissus sont mélangées à du polyester, produit de l’industrie pétrochimique. La transformation de la plante en fibre textile aboutit dans l’immense majorité des cas en viscose de bambou, à grand renfort de soude, sulfure d’hydrogène ou encore sulfure de carbone.

GOTS

Une autre certification dont j’ai entendu parlé est la certification GOTS (Global Organic Textile Standard). Lancée en 2005 et actualisée en 2017, elle est très complète, elle traite aussi bien la partie production de la matière première que la fabrication du produit textile. Cette certification garantit qu’un produit textile détenant l’étiquette GOTS « biologique» doit contenir au moins 95% de fibres soit d’origine biologique. Elle certifie aussi qu’un produit avec l’étiquette « composée de fibres biologiques » doit contenir au minimum 70% de fibres biologiques certifiées. Évidemment, elle certifie des critères sociaux fixés par les normes fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Quels problèmes ?

Ces deux certifications ne résolvent cependant pas deux inconvénients : la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que le transport. En effet, les vêtements du commerce peuvent parfois avoir fait le tour du monde avant que vous ne l’achetiez.

Quelles solutions écologiques ?

En continuant mes recherches pour des matières premières plus écologiques, j’ai entendu parler que certaines fibres comme le lin, le chanvre, le tissu d’orties, et les ramies, étaient de retour. Qu’en est-il de ces fibres ?

J’ai trouvé un article assez intéressant sur ConsoGlobe sur les nouvelles fibres écologiques qui répertorie les différentes alternatives aux fibres synthétiques.

Le lin

Depuis des millénaires, il a servi à faire des textiles. Sa culture demande peu de pesticides et d’engrais. Elle est aussi très rapide, on dit qu’il faut 100 jours en tout et pour tout. L’avantage du lin est sa solidité et la sensation de fraîcheur que l’on ressent une fois porté. Son seul inconvénient est qu’il se froisse facilement.

Le chanvre

C’est une plante très robuste et très rarement sujette aux attaques d’insectes ou de maladies, elle n’a besoin d’aucun traitement. Sa croissance est extrêmement vigoureuse et la plupart des variétés dépassent largement 2m de hauteur à maturité. C’est une plante étouffante, elle concurrence efficacement les adventices et ne nécessite aucun désherbage. Son système racinaire très profond laisse une structure de sol excellente pour la culture suivante. Il a besoin de très peu d’azote. Très résistant à la sécheresse, il ne nécessite aucune irrigation. Il abrite une très grande biodiversité et en particulier un grand nombre d’insectes auxiliaires au service des autres cultures.

L’ortie

Elle adore les sols riches en azote trop humides pour d’autres plantes. L’ortie offre ainsi une alternative intéressante aux cultures traditionnelles : en tant que plante vivace, sa culture ne nécessite aucun produit polluant. Plus fine que le chanvre, elle est plus solide que le coton. On utilise la fibre d’ortie depuis la préhistoire et un peu partout en Europe, où elle a été délaissée au profit du coton à partir du XVIème siècle. Fibre mate, de texture et couleur irrégulière, la fibre d’ortie offre un touché fibreux et sec. En tordant les fibres, on en évacue l’air. L’étoffe devient plus fraîche, estivale.

La ramie

Elle est également appelée ortie de Chine. C’est une plante dont on peut extraire des fibres des fleurs quand elles commencent à éclore. C’est à ce moment que les fibres peuvent être extraites de la plante, afin de les filer ; ce qui se produit jusqu’à six fois par an ans les meilleurs cas. La ramie est très résistante.

Malheureusement, ces tissus restent marginaux et difficile d’accès pour le grand public. Je suis toujours à la recherche de bons plans pour acheter ce type de tissus.

Et la laine dans tout ça ?

Dans un autre registre et loin des textiles issus de la pétrochimie, il existe aussi la laine : naturelle, pure et vierge, nous offre confort et bien-être sans nuire à la planète. Bien sûr, il est important d’opter pour des produits labellisés bio, dont la production et le traitement sont garantis sans pesticide, ni produits chimiques. J’ai découvert cette boutique de Lessay : Laine à l’ouest qui propose des superbes laines naturelles. Hâte de pouvoir y aller et vous faire un retour. J’ai également contribuer à un financement participatif pour la Petite Filature Bretonne, contente de voir que de tels projets voient le jour et j’ai hâte de la voir fonctionner.

Conclusion

Comme on le dit souvent, le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas.

Je dirais qu’il ne faut pas s’obliger à ne pas acheter ce qui nous fait envie et plaisir, mais qu’il faut se méfier et ne pas hésiter à se renseigner avant tout achat car beaucoup de marques utilisent ce qu’on appelle l’écoblanchiment (le greenwashing), ce qui risque de dévaloriser la filière à la recherche d’une meilleur éthique.

See you soon !

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